CARMEN // SHAKESPEARE 

LES ACTES

- L’Acte 1 ( Celui du Brouillard ) / Création 2013 - MOD, Marseille Objectif Danse

- L’Acte Manqué ( Celui des Crash_Tests ) / Création 2015 - CCAM, Vandoeuvre-Lés-Nancy   

- Plancton / Création 2016 - CCAM, Vandoeuvre-Lés-Nancy

- Le Dernier Acte ( Celui de la Mort ) / Création 2018

Olga Mesa, chorégraphe et artiste visuelle, et Francisco Ruiz de Infante, artiste multimedia, se rencontrent en 2006 à Strasbourg dans le cadre d’un atelier de création. De cette rencontre naît le désir d’un projet commun : Carmen // Shakespeare est un métissage audacieux entre différents territoires (danse, performance, installation audiovisuelle, internet, son) ... Un véritable opéra contemporain ?

 

La création court sur six ans (2012 - 2018) et donne lieu à des formes artistiques mul-tiples et à des modalités diverses de ren-contre avec les publics : des pièces cho-régraphiques autonomes « Les Actes *», des formes performatives pour espaces non scéniques « Les Entr’actes », des ins-tallations audiovisuelles, des conférences performatives « Les Tablao », des interventions sur internet et des laboratoires de transmission « Les Lab_REC ».

 

Carmen // Shakespeare traite de l’amour. Ce projet active sur un mode kaléidoscopique la manière dont nos relations aujourd’hui sont traversées par des technologies contrôlant nos corps et nos représentations. Il montre comment ces technologies sont autant de pièges, de liens et de contraintes qui autorisent de nouveaux rapports : rapports de pouvoir, de séduction, de peur, de désir, de fascination, d’incompréhension, de complicité, de jalousie, de passion ... L’Amour encore ?

 

D’une confrontation entre la sonorité des Sonnets de William Shakespeare et celle de l’opéra de Georges Bizet surgit une force baroque, au sens premier du terme.

 

Oui ! C’est la force d’une perle imparfaite, produite par le frottement d’un mythe avec un inventeur de mythes. Une perle dotée d’un noyau explosif qui provoque, reflète et explicite les noeuds des relations humaines. N’habite-t-on pas dans un monde saisi par l’angoisse d’un futur incertain ?

 

 

Olga Mesa et Francisco Ruiz de Infante sont à la fois les metteurs en scène et les protagonistes de Carmen // Shakespeare. Tantôt complices, tantôt rivaux, ils se disputent l’espace de la scène et la maîtrise du dispositif technologique qu’ils mettent eux-même en place.

 

 

Dans ce dispositif, la machine est mouvante et tentaculaire, elle n’arrête pas de propulser des images (enregistrées ou en temps réel), des bandes son complexes, des interruptions lumineuses inattendues, des changements d’échelle, des ombres et des reflets, des brouillages d’espaces et de temps...

 

Olga Mesa et Francisco Ruiz de Infante ne racontent ni Carmen, ni Shakespeare. C’est un jeu d’énergies, de tensions, de contretemps, de rythmes. La scène est un véritable champ de bataille ; une métaphore du désordre des relations humaines.

 

 

Dans Carmen // Shakespeare à chaque instant et dans chaque mouvement, le corps doit réaffirmer sa singularité et sa liberté. Il doit, paradoxalement, refuser d’être un objet face aux machines qui le font exister.